L'Harmonie des spirales

Une oeuvre musicale commune célébrant le lien intime de l’Homme avec l’Univers, en donnant à entendre le chant du berceau de l’humanité : la Voie Lactée.

Avec les dimensions astrales difficilement envisageables par l’esprit humain, les questionnements métaphysiques que nous inspire l'infiniment grand tendent à nous ramener à l’Union. La notion de “Tout”, d’Harmonie, est déjà présente dans la métaphysique antique pythagoricienne de l’Harmonie des Sphères. Aujourd'hui, les connaissances scientifiques nous content que chaque atome de l’univers a été forgé au coeur d’une étoile. Libérée à sa mort, la poussière d’étoile va, au hasard des agglomérats, modeler, sans exception, toute forme de vie. La matière prend une dimension commune liant toute entité, créant une intimité entre chaque atome de l’Univers. Symbole du Tout, elle prend différentes formes, changeant au cours du temps. De cette évolution insaisissable, naît un désir d’inscrire une trace, une partition, réunion synoptique de toutes les parties d’une composition musicale, de manière à en percevoir l’ensemble.

L'Harmonie des spirales est une partition géante dessinant les branches de la Voie Lactée, avec comme matière première du sable blanc. La partition musicale comporte cinq pistes, comme les cinq lignes d’une portée, qui chacune, est une sonification de l’un des cinq bras de la galaxie : Orion, Sagittaire, Persée, Règle, Ecu-Croix du Sud. Chacun des bras est doté d’une enceinte à son extrémité, par laquelle est diffusée son chant. Des spots de lumière noire rasante, font scintiller les grains de sable évoquant les étoiles de la galaxie. En l’absence de spectateurs l’oeuvre diffuse un faible chant constant ; un fond diffus cosmologique. Pour dévoiler tout le potentiel de la composition, il faut un minimum de cinq spectateur/interprètes : un pour chaque bras. La présence d’une personne sur un bras de sable blanc active le chant de cette branche de la galaxie. Un spectateur unique se trouve incapable de dévoiler seul toute la richesse de l’harmonie. Au-delà de l’activation globale de la partition, plus il y a de monde sur la portée, plus l’accord céleste se fait entendre dans toute son ampleur : l’oeuvre musicale se révèle uniquement dans une interprétation commune. Ces cinq chants joués ensemble forment une harmonie. Celle de cordes vibrantes d’une musique originelle, modulées par le passage de la vie : le spectateur/interprète.

Suite au passage de l’homme sur la partition, de par son exploration des sonorités, celle-ci va se voir métamorphosée : le sable s’étale sous les pas des spectateurs/interprètes. En abolissant les séparations, les interprètes s’affranchissent des frontières de la partition et transforment l’oeuvre, qui, alors même qu’elle se dépouille de sa symbolique, tend vers la minéralité, nous ramenant à la terre, à la poussière d’étoiles, à l’Union. La musique évolue en suivant ce même principe : d’un chant des étoiles à un chant de la terre, qui tous deux finalement, sont originaires d’une voix commune. La partition en tant que métonymie de l’oeuvre disparaît alors et laisse l’interprète, en tant que matière, faire Un avec l’oeuvre.

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Nuit Blanche 2017 - Amphithéâtre de Verdure du square des Amandiers.
Avec le soutien de la mairie du 20e arrondissement.

Crédits
Conception : Arthur Frick
Réalisation : Florine Bel, Arthur Frick, Celsian Langlois, Clémence Reliat, Robin Rieuvernet, François Salmon, Adrien Soulier
Photos : Joseph Banderet